Décryptage : Dragon Ball – Evolution

Dragon Ball Xenoverse, Dragon Ball Z La Revanche de F, Dragon Ball Super, Jaco le Patrouilleur Galactique… l’actualité de Dragon Ball et de Akira Toriyama est restée fourmillante depuis la fin de la série en 1994 mais semble aujourd’hui emboîter encore un nouveau pas. L’occasion ici pour moi de revenir sur ce pilier de la culture japonaise et sur un moment bien précis de la saga qui va redéfinir complètement l’univers et la mythologie de la série.

[A partir de ce moment, l’article dévoile des éléments clés de l’intrigue (tomes 15~20). Si vous n’avez pas lu (srsly?), ne lisez pas !]

dragon ball
Cela ne vous a sûrement pas échappé je l’espère mais Dragon Ball est segmenté en deux parties bien distinctes : celle qui est communément appelée Dragon Ball du tome 1 au tome 17 et sa suite presque directe,  Dragon Ball Z du tome 17 au tome 42 ; ces termes sont empruntés à l’anime et non au manga qui ne se nomme entièrement Dragon Ball. C’est compliqué tout ça mais cette scission est logique. En effet, ces 2 parties sont différentes de plusieurs façons.

flat,800x800,070,f.u1Six Goku parmi les Cent Goku. J’enCense Goku mais il est difficile de faire Sans Goku malgré le fait qu’il soit souvent abSent Goku… n’est ce pas ?

La première emprunte aux contes et récits chinois surtout, mais globalement asiatiques : le nuage magique, la tour des cieux de Karin, le château enflammé de Gûymaô, le lapin lunaire, les artefacts divins de Tortue Géniale (ils les utilisent en tant que dessous de plats mais bon…), l’existence de démons etc… Mais Toriyama ne se contente pas uniquement de ces légendes : il intègre aussi des éléments de la culture populaire. L’exemple le plus saisissant est dans l’arc du Ruban Rouge, au moment où Son Goku s’attaque à la Tour du Muscle : il a a affronté tout d’abord un simili-T101 de Terminator, puis un cyborg Frankenstein et enfin ce qu’on fait de plus classique dans la représentation du ninja, même pour un occidental. Un autre exemple est le cinéma de Jackie Chan : fan de cet acteur, Toriyama intègre des tournois semblables à ceux présents dans les films d’arts martiaux, et que dire du personnage qui s’appelle « Jackie Chun »…

Le propos lui est assez léger, toujours dans l’esprit d’un conte : les personnages arrivent en un lieu, élément déclencheur, péripéties, élément de résolution. Evidemment, il existe un fil conducteur : les boules du Dragon. Le tout a lieu dans un monde onirique où se côtoient dinosaures, animaux anthropomorphes et véhicules futuristes. Ajoutez à cette légèreté l’humour du mangaka et vous avez une très bonne recette.

cdc6e53c52358c3382eb1b6dd091328dLa première partie reste la préférée de la plupart des fans de la série.

Après l’ellipse où Goku s’entraîne chez Dieu (figure ultime au moment du récit qui se bat contre le démon Piccolo et reconstruit Shenron avec des LEGOS), le récit commence à s’assombrir : il est question de la vengeance de Piccolo Jr, le fils de Piccolo Daimao, l’ennemi précédemment terrassé. Jusque là, les méchants avaient un objectif bateau et caractéristique universelle d’un méchant : la conquête du monde (of course !). Mais c’est réellement à partir de l’ellipse suivante que le manga connaît une évolution importante.

6df6485a462523d98a132a2f663acd49Les tenues de Bulma sont elles aussi très légères et vont connaître une évolution.

Car oui, la deuxième partie prend clairement une autre direction. Le combat devient principal et est placé au centre de l’oeuvre : powers up, combats à l’échelle de planètes, duels longs (ou en tout cas plus long qu’avant). Mais comment faire pour créer une articulation logique entre les deux parties, passer du registre du conte au registre de l’épique ?
Premièrement, et certainement le plus frappant; le dessin : du Goku un peu gros et presque cartoonesque on passe à un guerrier parfaitement taillé pour le combat : grand et musclé. Le trait rond se mue à un trait plus franc, plus fin et plus vif. Les cases s’élargissent, les combats se déroulant dans les airs mais aussi sur le sol ferme et les attaques étant démesurées.

31081b0f2c4b41ab46a054eb498125feL’auteur prend de la hauteur.

Deuxièmement (et peut être encore plus important) : la remise à zéro de l’univers. J’ai volontairement omis de vous parler de La Légende de Son Goku, la principale inspiration de Dragon Ball. Pour faire simple, c’est l’histoire d’un enfant singe nommé Son Goku, né d’une pierre ronde et possédant un bâton magique s’allongeant à l’infini. La description colle aussi au héros de Dragon Ball… ou tout du moins les 17 premiers tomes. L’enfant singe devient un extraterrestre venu d’une galaxie lointaine ayant pour but d’exterminer la race humaine (voilà qui colle mieux au combattant qu’est Goku et qui explique en plus pourquoi il est plus fort que les autres protagonistes), la pierre ronde elle devient une navette spatiale. Akira Toriyama a réussi le tour de force de transcender ses inspirations et de les modeler pour bâtir sa propre mythologie. Quelques tomes plus tard, on découvre aussi que le Dieu de la Terre omniscient et omnipotent n’en est pas réellement et que ce sont les Kaio qui gouvernent réellement… des… UNIVERS ! Les horizons sont alors démultipliés à l’infini. La Mort va aussi en prendre pour son grade : si elle était montrée comme un acte horrible et marquant lors de la mort de Krillin, elle devient ici l’occasion idéale de s’entraîner. Un peu plus tard, à l’arrivée de Nappa et Végéta, on nous apprend aussi que Piccolo n’est pas vraiment un démon mais un extraterrestre de la planète Namek. Démystification de la figure maléfique principale du fils du Roi Démon des Enfers Éternelles Enflammées au simple représentant d’un membre de sa race. En parlant des Sayans et des Nameks, les arcs narratifs qui leurs sont dédiés confirment la maturité nouvelle du manga : fraternité, filiation, origines, vengeance (du héros cette fois, et pas uniquement pour son ami , mais contre le génocidaire de sa race !). Et puis reparlons des Dragon Ball : elles aussi n’auront plus un rôle impactant, ou tout du moins sur la planète Terre, revêtant d’autres enjeux sur la planète des Hommes Verts. La phase de recherche devenue désuète et n’ayant que peu d’intérêt, elle est souvent esquivée.

1ffb40e912c36caefa6c9288231c4827Le symbole d’un âge nouveau ?

J’ai parlé de tour de force de la part de Toriyama quelques lignes plus haut mais je vais essayer de mieux transmettre le message que je veux faire passer. C’est un auteur qui arrive si bien à se laisser des libertés qu’aux tournants de sa saga il emploie des éléments scénaristiques passés pour les employer dans le futur.. sans pour autant qu’ils existent… en conservant une cohérence globale… je m’explique. Personne ne pouvait prévoir que Goku était un extraterrestre missionné pour tuer les humains ; pourtant lorsque l’on nous l’annonce, sans prédisposition (une preuve de sa condition par exemple), et bien on trouve ça normal et on ne s’imagine plus le cas précédent. On s’amuse même dans ce cas précis à se dire « pourquoi ne l’a-t-on pas remarqué plus tôt ? ».
Un autre cas du genre : les puces robotiques du Docteur Gero. Si vous aviez oublié, le Docteur Gero est un scientifique de l’armée du Ruban Rouge qui va tenter de se venger de San Goku (comparez d’ailleurs les cyborgs entre la première et la deuxième partie, une nouvelle fois il ne calque plus des modèles existants et développe sa propre mythologie). Pour pouvoir le battre il crée donc des cyborgs ayant toutes les données de combats de nos héros et pour ça, il leur annonce que depuis de nombreuses années, il disperse des puces électroniques pour les observer lors de leurs plus gros combats. Ça n’est pas vérifiable, sur aucune case du manga vous ne verrez ces puces, l’idée même ne lui est probablement arrivée que quand il débutait l’arc des cyborgs… et pourtant, ça nous semble naturel… limpide même !
Un dernier exemple pour la forme ? Bien. L’apparition des Kaio Shin ; on a connaissance du Kaio du Nord mais il ne nous ait jamais présenté un organigramme des maîtres de l’univers, si bien que l’ajout succinct (pour créer du background à Boo et justifier un nouvel échelon de puissance) du Kaio Shin et du Kaio Shin Shin ne choque pas. Et aujourd’hui, il se permet encore de rajouter des divinités dans Dragon Ball Z Battle of Gods… quel coquin.

Il n’est pas aisé d’user de la surenchère (cf Naruto). On peut très rapidement partir dans le n’importe quoi (cf Naruto) ou dans l’absurde (cf Naruto). Si le principe même de la surenchère est d’apporter une nouvelle échelle de puissance ou de quoi que ce soit, le contexte doit être approprié à la chose (cf Naruto). En redéfinissant son univers et en l’étendant, Toriyama y parvient, lui (cf Nar uto) à merveille. Et pour clore cet article Dragon Ball Z, au sens décrit plus haut, bien que ne proposant plus la fraîcheur et l’aventure (ou en tout cas moins) que son aîné, il nous offre quelque chose de sensiblement différant mais tout aussi marquant et intéressant.

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4 réflexions au sujet de « Décryptage : Dragon Ball – Evolution »

  1. en fait, j’ai pas compris le but de l’article.
    çà n’explique pas les influences mythologique de DB, et çà n’explique pas non plus la mythologie de DB.
    c’est juste un panorama de ce qui se passe dans le manga.
    le trait de Toriyama change vraiment à partir de Namek. Quand tu vois les premières images de Gokû adulte, c’est bien moins carré et l’arc des Cyborgs.

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    1. C’est vrai que je me suis peut être mal exprimé en le rédigeant, mais pour faire simple et être clair, mon objectif c’est de décrire le passage Dragon Ball –> Dragon Ball Z et la redéfinition de la plupart des éléments de la saga de manière assez intéressante. Le passage d’une mythologie qui mélange contes et légendes existantes à celle propre à l’auteur. C’est tout :p Après le titre est effectivement peut être mal choisi

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  2. Plutôt cool ton article. A défaut de faire apprendre des choses aux connaisseurs du manga, il a le mérite d’être clair et d’apporter un développement et une réflexion intéressante dans l’évolution de l’oeuvre au fil des tomes.
    Néanmoins bien que Toriyama se laisse des libertés en générale, ce qui rend cohérent ses développements futurs, il y en a qui ne le sont pas comme la légende d’un unique super saiyen mise à mal lors de l’arrivée de Trunks.

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    1. C’est vrai que l’histoire de la légende sayen peut faire tiquer mais je vais faire parler ma mauvaise foi de fan de Dragon Ball en répondant que c’est avant tout une légende :p Sinon, dans le même genre, y a la dévaluation de la transformation après l’arc Cell où Gohan et Trunks se transforme sans entraînement instinctivement là où il a fallu des semaines et des semaines d’entraînement pour tous les autres protagonistes.

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